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Un peu d’histoire...
L’hégémonie du sucre et le commerce des esclaves
Le destin de l’île se joue à cette époque : la culture de la canne à sucre se développe très rapidement , en même temps que se met en place une société de plantation qui comprend, outre des nobles et des bourgeois aisés, les « engagés ». Ces derniers sont des agriculteurs qui doivent travailler pour les colons déjà établis, en signant un contrat de 3 ans. Au terme du contrat, leur pécule leur permet de s’établir pour leur propre compte, ils contribuant ainsi à la mise en valeur du sud de la Basse-Terre.
La culture de la canne à sucre détrône les autres cultures qui n’auront plus qu’une importance secondaire : tabac, coton, cacao, café, vanille, plantes tinctoriales (roucou et indigo).La main-d’œuvre est constituée d’esclaves noirs, ceux venus avec les premiers colons, auxquels s’ajoutent ceux issus du commerce des esclaves, appelé traite des nègres, qui se met en place. L’hégémonie de la canne à sucre et l’importance des plantations ont eu pour conséquence sociale le développement du commerce des esclaves. Ce trafic, encouragé par Colbert, prendra la forme du commerce triangulaire :des navires négriers allaient chercher en Afrique les esclaves, ceux-ci étaient transportés ensuite aux Antilles, ils étaient alors vendus aux planteurs ou échangés contre des épices ; leur cargaison pleine, les navires reprenaient alors la route de Nantes ou de Bordeaux.
Les esclaves noirs travaillaient dans des conditions difficiles, et le Code noir, créé en 1685, régissait le moindre de leurs faits et gestes et les assimilait à des biens immobiliers. Cette époque coloniale est celle des importants domaines dirigés par des "grands Blancs ", comprenant les vastes champs de cannes organisés autour du moulin à sucre . En effet, jusqu’au milieu du 19eme siècle, l’agriculture et l’industrie sucrière seront en étroite symbiose.
Cette époque est marquée par les révoltes d’esclaves, et les guerres qui opposeront les Français aux Anglais. Ces derniers, convoitant l’île et ses richesses, l’envahiront à plusieurs reprises au cours de la guerre de Sept ans (1756-1763). Quand les Français récupèrent l’île en 1763, la production de sucre est à son apogée. Les idées nouvelles et révolutionnaires qui se développent en France se propagent à la Guadeloupe dans le milieu des « petits Blancs », artisans et employés, gagnant aussi les esclaves noirs. Mais dans cette société de plantation, les revendications d’égalité raciale d’une population noire majoritaire l’emportent sur les revendications d‘égalité sociale.
C’est grâce à l’aide des Anglais, qui envahissent à nouveau l’île en 1792, que les grands propriétaires peuvent garder le contrôle de leurs terres jusqu’en 1794, quand Victor Hugues, envoyé par la Convention, débarque avec ses 1500 hommes à Gosier et s’empare du fort de Fleur d’épée, aidé par la population noire. Le 7 juin, il prononce à Point- à -Pitre l’abolition de l’esclavage et enrôle les Noirs dans l’armée de la République.
Placés sous séquestre, les domaines furent dès lors exploités pour le compte de l’Etat. Les premiers soulèvements de la population noire ont lieu quand Victor Hugues tente de réquisitionner les anciens esclaves pour les faire travailler sur les plantations afin de relancer la production sucrière.
En 1802, le général Richepance est chargé par Napoléon de rétablir l‘esclavage, provocant dans l’île une insurrection menée par Louis Delgrès, mulâtre martiniquais. Assiégés au fort Saint-Charles à Basse-terre,, les insurgés refuseront de se rendre et accueilleront la mort au cri de « point d’esclavage, vive la mort ».
Deux stèles commémorent ces douloureux événements encore présents dans la mémoire des Guadeloupéens et qui marquèrent pour un temps la fin de la liberté. L’esclavage est rétabli en 1802, les plantations sont remises à leur anciens propriétaires, mais les troubles persistent.
Pour en savoir plus sur l’esclavage :
« Petite Histoire de la Guadeloupe » par L .R Abénon, édition L’Harmattan. Ecrit par un universitaire antillais, c’est un ouvrage de lecture facile pour une histoire bien complexe
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