|
Accueil
>
Découvrir la Guadeloupe
>
Histoire et Géographie
>
Promenade en Guadeloupe au fil des îles
>
Basse-Terre
La route de la traversée et le Parc naturel de Guadeloupe
Entre Sainte-Rose et Petit-Bourg, de part et d’autre de la Rivière salée, on retrouve un relief assez plat et le spectacle des champs de canne ondulant sous le soleil. Plus loin, il est impossible de continuer son chemin. L’observation d’une carte de l’île montre que toutes les routes du littoral s’arrêtent à l’entrée d’une vaste zone verte indiquant des reliefs bien dessinés.
Du nord au sud, se dresse une barrière infranchissable, sauf par la route de la Traversée. La masse volcanique occupe la majeure partie de l’île , elle est faite de successions de reliefs élevés et de ravins, de mugissantes cascades, de sommets arrondis( les Deux Mamelles, le morne à Louis) offrant au randonneur des panoramas admirables ; mais surtout elle est couverte de l’exubérance végétale de la forêt tropicale. Cette masse culmine, au sud de l’île, à 1467 mètres, au sommet de la Soufrière. Ce volcan, dont les éruptions ont ravagé la région à plusieurs reprises, est paradoxalement source de vie et de richesses pour la Basse-Terre .
C’est le relief élevé de la Soufrière qui arrête les nuages venus de l‘est. Les masses d’eau, condensées par l’altitude, sont en quelque sorte captées, puis répandues sur les contreforts. La terre volcanique est une terre riche ; fertilisée par la pluie, elle a donné naissance à une forêt tropicale couvrant quelques 350 km2.
L’exploitation de cette forêt, l’industrie et l’artisanat du bois stimulent l’économie de la région, de même que les grandes bananeraies qui se sont développées grâce à ce contexte climatique favorable.
Comme son nom l’indique, la Route de la Traversée relie les côtes « au vent » et les côtes « sous le vent » de la Basse-Terre, mais c’est aussi le chemin le plus court pour rallier Pointe- à- Pitre à Basse-Terre, en passant par Mahaut, 50 km séparant Pointe à Pitre de Mahaut. Construite dans les années 70, elle permet d’éviter le long trajet par la côte . La construction de cette route a permis le désenclavement de toute la région ouest de l’île. La trace Victor Hugues, qui traverse la montagne plus au sud de Basse-Terre, porte le nom de celui qui en fut l’instigateur au 18eme siècle.
C’est aussi une route touristique qui rend accessible la forêt aux visiteurs, puisqu’elle a été dotée de nombreux et judicieux équipements. Tout le cœur de la Basse-Terre, constitué de massifs volcaniques montagneux et recouvert de la forêt tropicale, a été « transformé » en Parc National de la Guadeloupe en 1989. Le Parc couvre 39200 ha dont 36500 ha de forêt.
Pour le plus grand bonheur des visiteurs, le Parc a été doté d’une dizaine de sentiers de randonnées, balisés et variés, et d’aires de pique-nique dans les endroits les plus intéressants, souvent à proximité d’une rivière pour le plaisir d’une baignade.
Parmi les sites à découvrir : la Cascade aux Ecrevisses et le Morne à Louis d’où on a une belle vue sur la Côte sous le Vent. La route forestière de Grosse montagne, la trace de la rivière Quick, la trace des Crêtes invitent à pénétrer un peu plus à l’intérieur de la forêt. Sur la Route de la Traversée, au cœur du Parc, la Maison de la Forêt a pour vocation d’initier le visiteur aux différentes formations végétales de l’île, d’abord par des panneaux didactiques, puis sur le terrain en proposant des sentiers de découverte.
Une bonne partie des panneaux de signalisation sont ornés d’une tête de raton- laveur. Cette espèce, appelée « racoon » ou « Procyon minor » de son nom scientifique, n’existe nulle part ailleurs qu’en Guadeloupe, c’est donc un animal protégé et il n’est pas anodin que le Parc en ait fait sa mascotte.
La forêt tropicale
300 espèces d’arbres peuplent la forêt tropicale guadeloupéenne, encore appelée forêt vierge, forêt dense ou forêt hygrophile, car les végétaux qui la composent ont besoin de beaucoup d’eau. Diversité et exubérance caractérisent cette forêt qui couvre 36 500 ha des flancs ses montagnes de la Basse-Terre, et qui s’étage de 350 mètres sur la côte au vent(550 sur la côte sous le vent) à 1000 mètres. Les différents strates de cette forêt, depuis les grands arbres mesurant 35 mètres de haut jusqu’aux fougères arborescentes et aux palmiers, sont réunis par un enchevêtrement de lianes et de plantes épiphytes, dont les orchidées, croissant à tous les niveaux. On y trouve certaines essences qui sont cultivées ailleurs comme plantes d’appartement, tels le croton et l’anthurium, ou utilisées comme plantes à bouquets, tel le balisier.
Cette forêt constitue une richesse inestimable, mais non inépuisable. Le développement de l’agriculture s’est fait au détriment du patrimoine forestier. Si les premiers colons n’ont que très peu défrichés la forêt, les zones côtières suffisant à leurs cultures, il n’en pas été de même au 19eme siècle. Le développement de la culture du cacao, du café et des agrumes a nécessité des défrichements importants. Ces défrichements se encore accentués au 20eme siècle avec l’industrialisation de la culture du bananier, les zones cultivées ont grimpées jusqu’à plus de 500 mètres , au détriment de la forêt bien entendu.
La prise de conscience de la valeur du patrimoine forestier, et de la nécessité de le protéger, s’est faite très tôt, puisque dès le début du 18eme siècle des mesures ont été prises pour préserver le capital forestier, soit en limitant la surface de défrichement, soit en faisant obligation aux propriétaires de suppléer au défrichement par de nouveaux plants. C’est cette prise de conscience, à la fois de la menace qui pesait sur une forêt qui représente une richesse inestimable pour la région et de l’urgence d’y remédier, qui a conduit la région Guadeloupe à créer, en 1970,le Parc National qui a pour vocation de protéger le patrimoine forestier et de le faire découvrir.
La route de la Traversée et le Parc national sont des réalisations qui font la fierté de la région. L’Office National des Forêts prend en charge la gestion de la forêt, tant par la sélection des essences de valeur que par la sylviculture. Il détermine aussi les parties réservées à la production de bois, ce sont désormais les parties les plus basses. 150 ha d’essences précieuses sont plantés annuellement en remplacement des coupes faites. Au-dessus de 600 mètres, la zone est par contre protégée afin de préserver l’équilibre écologique.
L’artisanat du bois joue, depuis 3 siècles, un rôle non négligeable dans l’économie de la région. Complétant la Maison de la Forêt, une Maison du Bois a été récemment aménagée par le Parc à la hauteur de Pointe Noire. Un arboretum présente les essences les plus utilisées, différents pavillons exposent les techniques d’exploitation forestière et de transformation du bois (sylviculture, sciage), les techniques utilisées par les charpentiers et les menuisiers guadeloupéens, ainsi que les multiples usages du bois. Parmi les essences tropicales les plus utilisées, on peut citer l’acajou rouge, le bois de rose et le mahogani pour l’ébénisterie et la menuiserie, l’acajou blanc pour la construction, le gommier blanc pour la charpenterie marine( c’est celui qui servait aux Caraïbes pour construire leurs pirogues).
Ces initiatives de la région méritent d’être soulignées parce qu’elles s’inscrivent dans une politique de protection de l’environnement et de sensibilisation du public à l’environnement qui font de la Guadeloupe une région phare en matière d’écologie.
Version PDF
|