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Peut-on parler d’identité guadeloupéenne ?
La spécificité guadeloupéenne
Raphaël Confiant disait qu’il n’y a pas de culture martiniquaise mais une culture créole et que la spécificité martiniquaise s’inscrit dans un vaste ensemble qui comprend toutes les îles créolophones. (Conférence du 7 mai 2004). De la même façon, on ne peut donc parler de culture guadeloupéenne. Il existe une spécificité guadeloupéenne qui est greffée sur un terreau commun à toutes les Antilles, qui s’est construite sur un héritage commun à toutes ces îles créolophones. L’identité guadeloupéenne s’exprime à travers des Guadeloupéens et des guadeloupéennes qui continuent, dans le domaine des arts, de la littérature et de la gastronomie, à écrire l’histoire de la créolité, à la défendre et à la promouvoir, en y apportant une sensibilité propre à la terre où ils sont nés et qui est différente de celle des îles voisines, tant est différent le contexte géographique, historique et humain dans lequel se forme la conscience d’un peuple.
Au 18 siècle déjà, les colons réclamaient une plus grande liberté de manœuvre par rapport au pouvoir central. Au 20 siècle les mouvements littéraires créolisants coïncident avec la montée de revendications d’autonomie et d’indépendance et reprennent à leur compte le refus de la dépendance politique en même temps qu’ils rejettent un schéma économique imposé par la départementalisation. Mais surtout ce qu’ils expriment c’est une recherche identitaire à travers des discours exhortant les Guadeloupéens à sortir de leur passivité et de dépendance par rapport à la métropole , une dépendance dans laquelle ils risquent de perdre leur âme.
« Maintenant nous nous savons créoles », disaient jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant dans Le Manifeste de la Créolité au début des années 70. Etre créole c’est d’abord assumer et revendiquer l’héritage africain comme en a témoigné la célébration populaire des 150 ans de l’abolition de l’esclavage en 1998. Etre créoles c’est ensuite redécouvrir les traditions oubliées dans l’euphorie du progrès. Les concours de bœufs tirants ont depuis peu leurs fédérations et leurs championnats interclubs. Les combats de coqs attirent une clientèle de plus en plus importante , surtout masculine. Le carnaval reprend toute sa vigueur et remet à la mode des figures anciennes, mariages et comédies burlesques, de même que les déguisements anciens appelés « mass ».En Grande-Terre on voit réapparaître les combats de mayoleurs, des danseurs-lutteurs.
D’autres traditions, religieuses celles-ci, reviennent en force :la bénédiction des jouets le jour des Saints Innocents, la tradition des réunions où on chante des cantiques à Noël (le « Chanté Nwèl », une tradition veut que famille et amis se réunissent à pâques sur la plage autour d’une marmite de matété crabe, les compétitions de voile traditionnelle longtemps interrompues réapparaissent dans les régates intercommunales.
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