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Basse-Terre
Le massif de la Soufrière
Un des intérêts touristiques de Basse-Terre est l’excursion au massif de la Soufrière. Dans les environs de Saint-Claude, sur les pentes du massif, la Maison du volcan est un arrêt obligé. A l’initiative du Parc national de la Guadeloupe, une exposition permanente permet au visiteur de s’initier au volcanisme , de découvrir et de comprendre la Soufrière dans son contexte volcanique, avant de l’aborder. On peut y voir aussi des photographies de l’éruption de 1976.
La Soufrière
Ce volcan jeune est toujours en activité comme en témoigne les fumerolles qui se dégagent du cratère ainsi que les ronflements sourds et lugubres .Son sommet , qui culmine à 1467 mètres , est rarement visible, les hauteurs étant la plupart du temps emprisonnées dans les nuages qu’elles retiennent et qui se déchargent ici de toute l’eau qu’ils contiennent. Ce n’est qu’au lever du soleil que la vue peut être dégagée, le sommet offre alors un panorama somptueux sur une bonne partie de la Basse-Terre, les Saintes, la Dominique.
La Vieille Dame, c’est le surnom qu’on lui donne, sort parfois de sa semi léthargie et se met en colère, la Soufrière est en effet située à proximité d’une zone de chevauchement de plaques tectoniques. Au 20eme siècle le volcan connut deux période de crise : le 24 octobre 1956 et le 8 juillet 1976.La seconde fut spectaculaire et reste présente dans la mémoire des habitants encore traumatisés. Pluies de cendres et grondements précèdent l’éruption de vapeur qui rouvrit d’anciennes fractures et une coulée de boue dévala la rivière du Carbet.
De juillet 1976 à mars 1977, l’activité volcanique fut constante : nuées de poussière de roche grise, colonnes de vapeur, tremblements de terre et grondements se succèdérent et terrorisèrent la population. La plus effrayante des manifestations fut la vibration du dôme qui dura 48 minutes. Les 72 000 habitants de la zone située au sud d’une ligne allant de Capesterre sur la côte est à Vieux-Habitants sur la côte ouest furent évacués le 15 août 1976 par terre et par mer, vidant ainsi la région et la privant de toute activité ce dont elle se remet encore aujourd’hui difficilement.
Une nouvelle éruption particulièrement violente eut lieu le 29 janvier 1977, elle projeta, à partir du cratère sud, de la poussière humide et de gros blocs rocheux.
Les émissions de gaz, d’eau, de boue, de vapeur et les projections de poussières et gros blocs rocheux sont caractéristiques des éruptions de la Soufrière depuis le 17 siècle .C’est au 16 siècle que le volcan crache pur la dernière fois de la lave incandescente, il ne se manifeste désormais que par des éruptions phréatiques. En effet, la base du volcan « plonge » dans la mer et il est soumis à d’importantes précipitations et peut recevoir jusqu’à 10 m de pluie par an.
L’eau s’infiltre donc à l’intérieur du volcan, elle est alors chauffée par les roches à haute température qui se trouvent, sous le volcan, à quelques kilomètres de profondeur. C’est cette eau emmagasinée et chauffée qui, en jaillissant brutalement, emporte avec elle les poussières et les roches. Les éruptions de la Soufrière sont des éruptions phréatiques.
Les randonnées sur le massif de la Soufrière
Le massif offre aux randonneurs de nombreux chemins balisés menant aux sites réputés de la contrée.
On peut s’aventurer sans danger sur les pentes du volcan, car la Soufrière est sous haute surveillance. Les chemins sont balisés mais il est plus prudent de se faire accompagner par un guide. Les vulcanologues ayant décelé des émanations de gaz toxiques, le sommet est actuellement interdit aux randonneurs.
L’excursion au sommet se fait à partir de la Savane à Mulets qu’on peut atteindre en voiture, de là on emprunte le Chemin des Dames qui épouse la forme du dôme et qui serpente à travers les mangles montagne et les ananas bois entre lesquels s’étendent les parterres des petites fleurs violettes de tibouchina. On débouche ensuite dans un paysage minéral à la beauté sauvage, à 10 minutes du sommet. Un itinéraire balisé fait le tour du sommet et permet de découvrir les sites les plus caractéristiques.
Les gouffres Dupuis et Tarissan
Reliés par un pont naturel fait d’argile rouge, ils sont impressionnants. Le premier mesure 110 mètres de profondeur et contient en son fond un mélange d’eau et de gaz à 50 degrés d’où émanent certains jours des vapeurs soufrées. La coutume veut qu’on y jette une pierre , celle-ci met plus de 10 secondes à atteindre le fonds en rebondissant de parois en parois ; Le fonds du gouffre Dupuis est , lui, visible , il est rempli d’eau et de boue.
Le cratère sud émet un ronflement inquiétant, il est déchiré par deux failles d’où s’échappent des vapeurs sulfureuses. Dans ce paysage lunaire, la vapeur se mêle à la brume et au brouillard offrant un spectacle grandiose et fantasmagorique.
Du cône de la Citerne, un peu en contrebas, on a par temps dégagé un magnifique point de vue sur Capesterre, Marie-Galante et l’agglomération de Basse-Terre.
Les chutes du Carbet
On y accède depuis Capesterre sur la côte sud-est. Ce sont les cascades les plus hautes des Petites Antilles. Une végétation généreuse et majestueuse sert d’écrin à ces sites splendides. La troisième chute est la première à laquelle on accède, située à 350 mètres d’altitude, elle mesure 20 mètres de haut. Les deux autres plus difficilement accessible mesurent respectivement 110 mètres pour la seconde et 125 mètres pour la troisième, la plus haute, qui s’élance à 1005 mètres d’altitude.
Outre le plaisir de la marche dans des paysages grandioses , lunaires ou fantasmagoriques, ces randonnées sont intéressantes d’un point de vue botanique. Elles permettent de découvrir sur les pentes du volcan les différentes espèces végétales peuplant la forêt hygrophile d’altitude : les fougères arborescentes, les résolus dont l’écorce fournit le fameux aphrodisiaque appelé le bois bandé, les acomats qu’on reconnaît à leurs longs troncs droits.
Au-dessus de 1000 mètres, la forêt change de physionomie du fait des pluies abondantes, du brouillard et des nuages fréquents et du vent.
Deux espèces d’arbres dominent une végétation raréfiée et rabougrie : le mangle montagne et le palmiste montagne, aux pieds desquels poussent des plantes herbacées à feuilles coriaces dont l’ananas montagne. C’est une végétation très primitive qui recouvre les sommets pris dans les nuages : mousses, lichens, sphaignes et lycopodes.
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