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Les traditions
Les costumes traditionnels
Le phénomène de métissage apparaît surtout à travers les robes. La robe appelée « chemise à 3 trous »fut imposée aux femmes esclaves par les épouses des colons blancs, avec le souci de cacher entièrement leur corps et masquer ainsi une sensualité quelque peu provocatrice.En effet, les esclaves arrivenr nus aux Antilles et sont ensuite habillés. Pour les travaux des champs, ils portent simplement un pagne ou une jupe.le Code noir indique les différents tissus que les femmes noires n’ont pas le droit de porter( dentelles, soie...), il prescrit aux maîtres de donner deux tenues par an à chacun et autorise les esclaves à en confectionner eux-mêmes avec l’argent de la vente des produits de leurs jardins. L’autre robe dont étaient vêtues les esclaves noires était la « rob di chan’m ».Cette ample robe de coton, aux manches longues ,destinée à cacher complètement le corps, n’était rien d’autre que la copie de la robe de chambre de la maîtresse.
les femmes créoles adaptent les tenues européennes aux colonies, elles abandonnent donc le corset. La "gaule" était une robe d’intérieur très simple à manches longues ou mi-longues, en coton ou à carreaux. Elle était portée par toutes les femmes, mûlatresses, femmes libres, seul le tissu différait selon le milieu social.Les jeunes filles portaient une robe « ticollet », au col terminé par un plissé, jusqu’à ce qu’elles se marient Devenues femmes, elles adoptaient la « grand’robe », appelée en Guadeloupe « robe à corps ».Cette robe emblématique est encore portée de nos jours lors des cérémonies.
Jusqu’au 19eme siècle, le vêtement de rigueur est l’ensemble jupe/chemise/casaquin et bamboche, taillés dans différents tissus :mouchoirs de cholet ou madras. En arrivant en Guadeloupe, les Indiennes abandonnent le port du jupon sous leur sari, tandis que les Créoles nouent leurs jupons à la manière indienne et adoptent le calendage, une technique qui vise à rehausser l’éclat du madras en peignant des bandes jaunes dessus.
La coiffe a toujours été l‘accessoire indispensable du costume créole. Elle reflétait soit la situation sociale, soit les circonstances de la vie. La coiffe traditionnelle de madras est née d’une frustration. En effet des lois interdisaient aux affranchies de porter des chapeaux, ceux- ci étant réservés aux femmes blanches. A une époque où se couvrir la tête était une marque de bienséance, les femmes créoles n’avaient pas le choix, elles devaient porter le foulard ce qu’elle ressentaient comme une humiliation. C’est ainsi qu’elles inventèrent la coiffe de madras qui allait devenir la coiffe traditionnelle. C’est un carré de tissu à carreaux, aux couleurs vives, drapé autour de la tête.Il faut différencier la "têt atachée" de la "tête serrée"( calendée ou casserole, ces dernières ne se défont pas,elles sont portées comme un chapeau. Autrefois la façon de nouer la « têt » en faisant apparaître différentes pointes ou nœuds était chargée de significations galantes. Ce langage de la coiffe a perduré jusqu’à nos jours , selon le nombre de pointes on sait si la femme qui la porte est mariée, célibataire , amoureuse, ou si elle veut être provocante.
Les bijoux créoles sont le complément indispensable du costume créole. Ils apparaissent dans la tenue antillaise dès le 17eme siècle et sont eux aussi le résultat d’un métissage. De l’Europe on a hérité de la tradition de graver le bijou et de le sertir de pierres précieuses. L’influence africaine se fait sentir dans la façon de travailler le métal et de d’exploiter les différentes teintes de l’or. La flore et la faune guadeloupéenne sont les principales sources d’inspiration des orfèvres. Les créoles, les fameuses anneaux d’oreilles sont le bijou créole par excellence, mais la « tête négresse », constituée d’un cercle d’or à l’intérieur duquel est montée en superposition une série de petites fleurs, est également très caractéristique. Le costume créole est mis en valeur par les différents colliers : chaînes de forçat, faites de mailles ovales, creuses et emboîtées, grain d’or, colliers choux...Au 19eme siècle, le port des bijoux se codifie selon les circonstances et les personnes.Cerrains maîtres envoient leurs esclaves se former en France, ils deviennent ainsi maîtres-orfèvres et peuvent racheter leur liberté.
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