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Les différents styles de musique et les danses

On danse encore le quadrille qui a sans doute été inspiré par le menuet français. Le quadrille se danse en carré sous les ordres d’un commandeur qui annonce les pas : pas de la poule, de la pastourelle, du pantalon ....

Des groupes perdurent la tradition du quadrille, tel le groupe de la Flamme Abynienne aux Abymes, et des cours de quadrille sont dispensés dans plusieurs écoles de danse, telle l’Akademiduka à Pointe à Pitre. Importée du Vieux Continent aux Antilles dans les années 1650, le quadrille connaît à l’époque un grand succès dans les milieux bourgeois. Il est dansé sur une musique de gigue avec des mesures à 6/4 .Afin que les esclaves noirs de l’époque coloniale perdent le goût de leurs danses africaines, leurs maîtres, les colons leur auraient appris ces danses.

Valses et mazurkas sont encore pratiquées, mais la biguine est la danse locale par excellence. La biguine naît aux Antilles au 19 siècle. A cette époque les musiciens qui jouaient dans les bals donnés par les colons étaient généralement des esclaves affranchis. En reprenant les musiques des colons dans leurs propres fêtes, ils y ont ajouté le chant et le tambour. En apportant le rythme du bélé à la polka, les musiciens noirs en firent un genre nouveau, la biguine. Ce genre nouveau permit d’inclure des chants structurés avec refrain et couplets, il y eut donc trois sortes de biguine, la biguine de salon, la biguine chantée et la biguine de bal .

Dans les années 1930,la biguine, après une période d’éclipse, explose littéralement à Paris grâce à des musiciens comme Stellio ou Félix Valvert lors de l’exposition coloniale de 1931.Ils s’inspirent du rythme des orchestres de jazz de la Nouvelle-Orléans. Comme ceux de la Nouvelle-Orléans, les orchestres de biguine sont généralement formés d’une clarinette, d’un trombone et d’un banjo.

La biguine connut un grand succès à Paris dans les « bals nègres » du Boulevard Montparnasse, le Bal Blonnet, la Poule Blanche. C’est dans les années 60 qu’elle devint la danse antillaise par excellence, sous l’impulsion des musiciens Paul-Emil Halliard en Guadeloupe , Moune de Rivel et Gérard Lavigny à Paris.

Le folklore guadeloupéen s’est enrichi dans les années 70 de rythmes issus d’autres îles des Antilles et d’Amérique latine : mérengué, calypso, cha-cha-cha, reggae de la Jamaïque. Les groupes Tabou Combo, Coupé Doué et la Perfecta se spécialisent dans le rythme rampa en provenance d’Haïti et le mettent à la mode. Le rythme de base de la biguine, un rythme binaire basé sur la cellule rythmique appelé cinquillo, va de ce fait évoluer vers des dérivés de la biguine comme la biguine wabap ou la biguine kombass. Les orchestres de biguine incorporeront petit à petit la trompette, le saxophone, la guitare, la basse et la batterie.

Le rap intègrera des éléments traditionnels, le raggamuffin s’inspirera directement du reggae, le rapso fera la synthèse du rap et de la calypso. Quant au Kréol jazz crée par Germain Cécé, il se situe entre la musique caribéenne et groove américain. C’est tout un florilège de talents qui exprime une grande créativité et un dynamisme.

Dans les années 1980 naît le groupe Kassav’ fondé par deux guadeloupéens Pierre-Edouard Décimus et Jacob Desvarieux qui créent un autre genre de musique en mêlant musique traditionnelle antillaise, technologie et disco : le zouk est né, le monde entier va le découvrir grâce à la voix de Jocelyne Béroart, la chanteuse martiniquaise du groupe. Le terme zouk existait déjà , contraction de mazouk, il désignait une fête populaire de campagne animée par un orchestre formé d’un accordéon , d’un tambour, de maracas et d’un triangle. « Zouk la cé sel médicament nou ni »( le zouk est notre seul médicament), chante le groupe.

La voie est ouverte dès lors pour des musiciens qui vont se saisir du genre et faire exploser leur talent avec des styles très personnels, ce sera Zouk Machine, Tanya Saint Val, Marie José Ali, Pascal Valot ou Gil Floro.

Musique originaire de Trinidad, le steel-band s’est répandu dans toute la Caraïbe. Le steel-band est à la fois un style de musique et un instrument de musique résolument modernes, c’est un instrument à percussion fabriqué avec des fûts d’essence ou de grosses boites de métal dont le fond est évidé afin de produire des sons différents.

Bibliographie
-  "Musique cajun, créole et zydeco", par Robert Sacré, PUF, 1995
-  "Musique aux Antilles :Mizik bô kay", par Maurice Jallier et Yollen Lossen,Editions caribéennes, 1985




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